Le corps face aux acides …

La présence d’un certain taux d’acidité dans l’organisme est normale, car le corps, de par son fonctionnement, produit lui même des acides. Pour la digestion par exemple, la dégradation des différents aliments en nutriments est réalisée par un certain nombre de réactions chimiques dont résulteront des « déchets », non utilisés par l’organisme, parmi lesquels on retrouve des acides.

L’alimentation et la digestion sont un exemple, mais d’autres fonctions du corps peuvent être des sources de production d’acide (voir l’article « les 6 causes de l’acidification« ).

Cependant, si la concentration devient trop importante au sein des organes, tissus et liquides lymphatiques, le corps devra rétablir un équilibre acide-base afin de maintenir un état optimal de développement de ses cellules.

Une composante primordiale

Parmi toutes les composantes de l’organisme, le sang est celui qui doit être le plus protégé face aux variation de pH. Celui-ci doit avoir et conserver un ph stable compris entre 7,36 et 7,42. Le sang est donc très légèrement alcalin. On peu distinguer deux états dangereux : l’état d’alcalose, et celui d’acidose. Le premier, comme on peut s’en douter par la racine du mot, est l’état engendré par une valeur de ph supérieure à 7,42; alors que le terme d’acidose désignera l’état correspondant à une valeur inférieure à 7,36.

Dans ces deux phases, il peut se produire de graves troubles métaboliques (dépression du système nerveux central en acidose, hyperexcitabilité en alcalose,…), troubles de la conscience , voire entraîner la mort si les valeurs sont trop éloignées de l’équilibre 7,4. Le maintien du pH sanguin est donc LA priorité de l’organisme en ce qui concerne l’équilibre acido-basique du corps.

Comment cela se régule-t-il? Quels sont les moyens dont dispose l’organisme pour se défendre face à l’acidité?

Les systèmes tampons

Pour maintenir les valeurs opérationnelles de pH dans le sang, mais aussi dans les autres liquides qui nécessitent également un maintien de pH constant (lymphe par exemple), le corps fait appel à différents « systèmes tampons ».

On appelle système tampon tout phénomène d’élimination, d’introduction ou de transformation chimique permettant de freiner les variations de pH (augmentation de la concentration d’ions H+) dans une solution ou un milieu liquide. On parle donc bien ici du maintien de l’équilibre entre acides et bases.

On pourrait présenter ces systèmes tampons en les décrivant par deux catégories :

  • les processus d’élimination

  • les processus de neutralisation des acides, par transformation chimique.

A noter que ces processus travaillent en parallèle et/ou en complémentarité suivant les organes ou les milieux concernés. Par exemple, pour maintenir l’homéostasie sanguine, les poumons jouent un grand rôle, mais leur action ne forme qu’une part du système tampon du sang

L’élimination

Lors d’excès d’acides, dus à un apport massif par l’alimentation, ou au résultat du fonctionnement de l’organisme (on peut alors parler de « déchets acides »), ce dernier va chercher à en éliminer. Il dispose pour cela de deux organes principaux : les reins et les poumons. La peau peut également être utilisée comme une sorte de dernier recours, lorsque l’excès d’acides est trop important et que le corps n’arrive plus à les éliminer ou neutraliser.

  • Les reins :

Les reins vont être en charge d’éliminer les acides dits « difficiles », ou « acides forts ». On parle ici d’acides « non volatis » comme l’acide urique, sulfuré, chlorhydrique ou encore phosphorique. Ils proviennent essentiellement de la dégradation des protéines animales, mais sont également issus du métabolisme. Cependant le processus d’élimination par les reins est lent, difficile et peu adaptable car la quantité d’acides forts qu’il est possible d’éliminer ainsi par jour, est limitée.

Il faudra donc éviter de le surcharger.

  • Les poumons :

    Les poumons, quant à eux, vont s’occuper d’acides plus faciles à éliminer. Il s’agit d’acides dits « volatils », qui se transforment en éléments ou matière qui ont la propriété de « s’évaporer », comme le gaz carbonique.

    Parmi ces acides faibles, on retrouvera des acides citriques, oxaliques ou encore pyruvique, carboniques, ou lactiques, provennant essentiellement de la transformation des protéines végétales (fruits, légumes) ou du lait. Ils seront à leur tour transformés en acide carbonique (H2CO3) qui permettra de donner, dans les poumons, de l’eau (H2O) et du gaz carbonique (CO2) rejeté par les poumons.

    A l’inverse des reins, c’est ici un travail plus facile, plus rapide et plus adaptable, favorisé par une bonne oxygénation.

    La grande majeure partie de la désacidification de l’organisme passe ainsi par les poumons (plus de 90%).

  • La peau :

Lorsque le corps est en trop fort excès d’acidité, et que les différents systèmes tampons (élimination par poumons, reins, transformations décrites plus bas), le corps utilise une dernier exutoire : la peau. Par les glandes sudoripares qui produisent la sueur, les acides peuvent être éliminés, mais en quantité cependant très limitée.

On peut ainsi également présumé d’un terrain acide par l’observation de la peau : une sueur acide sera malodorante, pouvant s’accompagner de prurit, et entraînera des rougeurs et des démangeaisons sur les zones de transpiration. De l’eczéma sec et des boutons peuvent aussi trouver leur source dans l’acidité de la sueur.

La neutralisation

Le principe est simple, et est à la base de tout équilibre acide-basique. Il consiste à tenter de neutraliser un acide par une base, entrainant ainsi la formation d’un sel neutre ou d’un acide faible, qui sera éliminé par la suite par les reins ou les poumons. Cependant, pour que l’organisme puisse neutraliser les acides, il lui faut trouver des éléments … alcalins! Et il ne dispose malheureusement pas d’une « réserve » qui serait dédiée à cette fonction.

Les bases, ou corps alcalins que le corps utilise proviennent essentiellement de la transformation des aliments ingérés. Mais lorsque celle ci n’est pas suffisante, comme c’est souvent le cas dans notre alimentation moderne pauvre en nourriture alcaline, le corps va devoir chercher ces bases dans des éléments qui en contiennent : les organes, les tissus, les os, les cartilages, les dents,… Ces éléments de notre organisme sont en effet composés d’un ensemble de minéraux acides ou alcalins.

On peut citer par ailleurs différents exemples de minéraux essentiels à leur composition :

  • Minéraux acides : soufre, phosphore, chlore, fluor, iode, silice,…

  • Minéraux alcalins (bases) : calcium, sodium, potassium, magnésium, cuivre, fer, manganése,…

En cas d’excès d’acidification, la recherche de la neutralisation va alors passer par un véritable pillage des ressources alcalines des différentes composantes de notre corps, affaiblissant ainsi ces tissus organiques. Et ce pillage ne pourra se faire dans la durée sans que le corps ne soit rendu malade (vieillissement chimique du corps)… On parle de déminéralisation.

A noter que cette déminéralisation est toujours présente en cas d’excès d’acides!

C’est ainsi que, après des années d’excès d’acidité, les réserves alcalines du corps s’épuisent, la déminéralisation s’installe et des troubles comme arthrose, ostéoporose, caries dentaires se manifestent …

Quand l’acidification s’installe…

Les systèmes tampons travaillent sans cesse, puisque la tendance naturelle de notre corps est de pencher vers l’acidité de par son fonctionnement et la production continue de déchets acides du métabolisme.

Les excès sont donc neutralisés et éliminés mais, comme on l’a vu plus haut, les quantités gérées sont relativement faibles.

Afin que le pH sanguin soit maintenu dans ses valeurs vitales, les corps va alors stocker dans divers endroits les acides qui n’ont pu être traités : tissu conjonctif, articulation, muscle,…

Le processus de l’acidification commence alors et l’acidose tissulaire s’installe, entrainant avec elle tout un ensemble de maladies.

La compréhension de ces mécanismes est primordiale pour l’application des principes d’un régime acide base. Aider le corps à éliminer par les poumons en faisant de l’exercice, manger plus de protéines végétales qu’animales afin de ne pas surcharger le travail des reins, sont par exemple des notions fondamentales qui s’appréhendent de façon naturelle une fois le fonctionnement du corps assimilé.

Alors maintenant que ce fonctionnement n’a plus de secret pour vous, voulez vous aider votre corps dans le combat perpétuel contre l’acidité? Répondez « Oui, je reprends en main ma santé! » dans les commentaires et rendez vous dans l’article « Les bases du régime » pour commencer dès maintenant !

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